HISTOIRE DE LA CHAPELLE

Voir la vidéo de la Chapelle par NICE DRONE : https://www.youtube.com/watch?v=7UByIL6Acik

Orientée selon la tradition, de style baroque, elle est située au pied de la colline du château, au fond du Cours Saleya (Marché aux Fleurs), à quelques mètres de la Méditerranée, contiguë à  l’ancien Sénat de Nice, à l’adresse du 1, rue du Saint Suaire.

En mémoire du séjour du précieux Linceul à Nice, la Confrérie des Pénitents Rouges, célèbre solennellement chaque année en sa chapelle du Cours Saleya  la fête liturgique du Saint Suaire dont la date, selon le calendrier diocésain, est fixée au 11 Mai.

Ce service religieux inédit dans notre Comté et en France est aussi l’occasion de rendre un vibrant hommage à tous les chercheurs -toutes disciplines confondues- qui se sont penchés sur l’étude de la sainte relique.

La fête liturgique du Saint Suaire est principalement axée sur l ‘aspect sanglant de la Passion du Seigneur et sur les détails de sa mise au tombeau présageant la Résurrection.

Cette fête fut instituée en 1506 par le Pape Jules II. Un décret de la Congrégation romaine du culte divin en date du 19 Avril 1988, en accorde et en confirme le privilège de la célébration conjointement à la Basilique Cathédrale Sainte Réparate et à la Chapelle du Saint Suaire à Nice.


Parmi les ornements de la chapelle pouvant retenir l’attention, signalons :
– Les symboles de la Très Sainte Trinité qui figurent sur de très nombreuses pièces.
– Le Maître-Autel en bois peint et doré du XIXème siècle, récemment restauré
– Les croix de procession provenant des Confréries regroupées au XIXème siècle.
– Les bâtons des dignitaires de la Confrérie de la Très Sainte Trinité.

Dans la nef, à gauche :
l’Autel de la Vierge « en l’attente de l’ enfantement », statue en bois doré du XIXème siècle, qui remplace celle qui disparut au cours de la Révolution de 1789.

à droite :

L’Autel dédié à Saint-Joseph.
La Chaire munie d’un Crucifix tenu à bout de bras pour signifier que la mission du prédicateur consiste à annoncer Jésus-Christ, crucifié pour nos péchés.

Un groupe de procession, en bois sculpté polychrome représentant le Miracle de Saint-Hospice, ermite qui vivait au VIème siècle dans une tour de la presqu’île de Saint Jean Cap Ferrat.

On remarque également deux tableaux forts suggestifs en l’honneur du Saint Suaire :

– Une toile due au Chevalier BARBERI représente le linceul offert par des anges à la Très Sainte Trinité, comme pour signifier que l’œuvre prescrite de la Rédemption a été conduite à bonne fin.- Une toile, signée du peintre niçois Gioan Gasparo BALDOINO datée du 4 mai 1660 représente une descente de croix avec l’enveloppement de Jésus dans le Linceul. C’est probablement une des plus anciennes représentations picturales du Linceul montrant de quelle manière était disposé le corps dans le linge. A noter que ce tableau est l’un des rares à positionner la main gauche du Christ sur sa main droite, signe que l’artiste a compris le phénomène de symétrie et de miroir lors de l’application du linge sur l’Auguste dépouille. 

L’analyse de Luc Thévenon (Musée Masséna)

Gioan Gasparo Baldoino (Nice C. 1590-1669)
Fils de peintre, déjà célèbre à Nice, Gio-Ludovico Baldoino (vue cavalière, 1610) ingénieur ducal et peintre, son activité est documentée à partir de 1622.
En 1640, Il devient l’artiste local officiel grâce à l’appui du Gouverneur, le prince Maurice de Savoie : plans de la ville et du château, décors publics religieux et officiels, fresques des appartements du Prince, expert des œuvres d’art dans la succession d’Honoré II, prince de Monaco, etc…

L’œuvre
Exécutée pour le maître-autel de la chapelle construite en 1657-59 pour les Pénitents Blancs du Saint Suaire, cette toile s’inspire directement des œuvres de Giulio Clovio, célèbre artiste italien découvreur du Greco et du piémontais Giovanni Battista della Rovere titulaire à partir de 1623, du privilège ducal de diffusion des images du Saint Suaire à Turin.

Datée 1660 – signée en bas à droite – dédicace en bas à gauche.

L’iconographie
Dans un espace céleste paraît la Trinité auréolée d’une lumière, qui suggère l’infini et l’incommensurable du Paradis ; des nuées peuplées d’angelots créent un mouvement tourbillonnant propre à l’esprit baroque.
Dans le registre inférieur, les protagonistes de la Descente de Croix enveloppent le corps où s’abandonnent au thème antique de la douleur funèbre.
L’influence italienne est prépondérante dans le traitement de la lumière comme dans celle de la palette. Les silhouettes gracieuses et les visages allongés aux expression retenues, évoquent encore le Maniérisme romain. Les mouvements, l’éclairage des arrière-plans produisant un effet de lointain, le réalisme des nuées dominantes très théâtrales, situent bien cette œuvre dans le contexte baroque génois, toujours sensible à l’empreinte de Guido Reni.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face est présente à plus d’un titre dans la chapelle du Saint Suaire.

L’auteur de « l’histoire d’une âme » indique qu’au retour de son voyage à Rome, elle séjourna à Nice à l’Hôtel Beau Rivage, les 28 et 29 novembre 1887. On connaît la vénération qu’elle portait à la Sainte Face, présente dans cette chapelle. (Voir ci-dessus) En mémoire de ce séjour, un magnifique « gisant » de Ste Thérèse fut réalisé en 1928 pour la Confrérie des Pénitents Rouges. Ce « gisant » fut particulièrement vénéré par les confrères jusqu’en 1940.
C’est en 1997 à l’occasion des travaux de déplacement du maître autel que ce « gisant » fut « redécouvert » et restauré par le Dr Gaston CIAIS et Mr Binelli.
Aujourd’hui il est mis en évidence au moment des fêtes qui s’y rapportent ainsi que tous les mardis après midi (14 h.30/17 h.00) et chacun peut venir l’admirer et la prier. Une statue de la sainte se trouve également dans cette chapelle.

Rappelons le retentissement de ses publications posthumes, dont Histoire d’une âme publiée peu de temps après sa mort, en fait l’une des plus grandes saintes du XIXe siècle. La dévotion à sainte Thérèse s’est développée partout dans le monde. Considérée par Pie XI comme l’« étoile de son pontificat », elle est béatifiée puis canonisée dès 1925. Religieuse cloîtrée, elle est paradoxalement déclarée sainte patronne des missions et proclamée « Patronne Secondaire de la France ». Enfin, elle est proclamée Docteur de l’Église par Jean-Paul II en 1997 pour le centenaire de sa mort.